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"Europe...
en survol" |
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En rejoignant le bateau amarré dans la Marina de Zea au Pirée, le premier contact avec la Grèce fut assez mouvementé... Après un vol Paris-Athènes sans aucun problème, le contrôle des passeports et bagages, quel ne fut pas le drame provoqué par une innocente créature, le petit hamster, l'enfant chéri de la fille de Lucy... Toute la famille était d'emblée refoulée vers la France et ce ne fut qu'après moult palabres et deux heures de discussion qu'enfin les autorités acceptèrent l'argument... La bestiole ne serait qu'en transit entre l'aéroport et le yacht et se retrouverait ainsi à nouveau en territoire français ! Trouver un taxi à Athènes qui accepte de prendre en charge des passagers avec un chien, relève d'un autre exploit ! Inutile de préciser qu'après ces émotions l'ancre fut vite levée et la visite d'Athènes remise à plus tard. Ainsi commença la magnifique croisière, la découverte des Cyclades. Cet archipel de la mer Egée formant un cercle autour de l'île de Delos est de toute beauté. Delos est la plus petite île des Cyclades et ce n'est qu'après une nuit d'orage apocalyptique qu'apparu cet ensemble archéologique parmi les plus complets (sanctuaires, théâtre, quartiers d'habitations aux belles mosaïques, port... ) le sol jonché partout de marbre blanc. Toutes ces îles, Kéa, Pàros (ses carrières ont fourni aux artistes de la Grèce antique le plus beau marbre statuaire), Mykonos et ses jolis moulins aux voiles blanches sur la colline, Hydra , Serifos, Egina, Porto-Heli, Vivari, Syra, Hermione, Spetse... ont un dénominateur commun : la blancheur des maisons blotties les unes contre les autres, la propreté des ruelles, l'absence totale d'odeurs, de parfums sous un soleil implacable et ceci malgré la végétation, les fleurs, les innombrables eucalyptus, les champs de citronniers, les oliviers. Ce serait impardonnable de n'avoir une pensée émue pour Petros, le beau pélican bien connu et mascotte de Myconos. Sans lui les lieux ne seraient plus les mêmes. Seul à survoler l'île, le jour il inspecte le port et va de bateau en bateau, le soir dans son restaurant attitré il salue tous les nouveaux arrivants. Les messieurs avec beaucoup de civilités, mais très agressif vis-à-vis des dames. Toutes les tentatives de séduction féminine restent vaines et parfois engendrent un véritable courroux de la part de cet oiseau à la renommée légendaire généreuse et capable du don de soi ! A noter aussi la phobie des habitants pour toutes les impuretés qui pourraient maculer le sol. Les charmants petits ânes ont sous leur queue un petit sac pour recueillir les déjections... En plus l'ânier a une petite pelle avec sa brosse pour ramasser les petits déchets et Lucy avait régulièrement à sa suite, dans tous ses déplacements, une escorte pour surveiller si son chien ne "s'oublierait" pas sans que le "ménage" soit fait ! Voilà bien des leçons à retenir... Les habitants sont des paysans généralement pauvres mais très dignes, très fiers et également très gentils à partir du moment où ils se sentent respectés. Beaucoup vivent de la pêche et vous invitent souvent à partager le fruit de leur labeur et offrent quelquefois de merveilleux coquillages, dont de superbes argonautes. Tel une nuit où arrivés très tard nous avons accosté au milieu de bateaux de pêche et au petit matin les pêcheurs nous ont invités à partager leur soupe de poissons. Ce fut un petit déjeuner mémorable ! Dans toutes les îles ce sont les mêmes petites placettes avec leurs petits cafés où l'on boit l'uzo à l'apéritif en compagnie de la gent masculine de l'île, les femmes n'étant jamais présentes. Déguster les petites brochettes d'agneau est un délice que l'on n'est pas prêt d'oublier, de même que les grillades de poissons sublimes de fraîcheur, de saveur. Le soir dans les tavernes, les jardins au son d'une cithare, les hommes dansent le sirtaki. Chaque jour une autre île, d'autres découvertes, d'autres rencontres, d'autres sites... Epidaure ancienne ville d'Argolide est célèbre par son sanctuaire d'Asclépios et les ruines de son théâtre un de ceux le mieux conservé (fin du IVème s. av. J-C.). Le Cap Sounion : promontoire de l'extrémité sud-est de l'Attique. Ruines monumentales du temple de Poséidon. (milieu du Vème. s. av. J.-C.). Le retour au Pirée fut marqué d'une pose... Visiter Athènes ! Le berceau de notre civilisation est impressionnant de beauté. Mais il n'est guère possible de traduire toutes les émotions que l'on ressent devant tant de vestiges laissés comme témoins depuis tant de siècles. Le Parthenon, l'Odeon d'Herode Attique (restauré), le Portique des Caryatides, Théâtre de Dionyssos dont les ruines expriment encore toute la vie dans un site de verdure. La vie moderne à Athènes est trépidante, la circulation y est absolument effarante, les voitures roulent à fond de train, dans tous les sens et cela tient du miracle que tout se passe normalement !!? Quand on prend un taxi, mieux vaut faire une prière et s'en remettre à la providence... La vie nocturne est également très active principalement dans le quartier de la Plaka, le quartier "chaud" d'Athènes. Les touristes y viennent aussi pour goûter aux nombreuses spécialités de la cuisine grecque, dans des restaurants qui se situent généralement sur les terrasses des toits des maisons et offrent une vue splendide sur l'Acropole et la ville toute de lumières. Comme tout à une fin... quittons Athènes et poursuivons la route qui mène vers Nauplie dans le Péloponnèse en Argolie et sa magnifique citadelle qui semble flotter au fil de l'eau. Se profile le Canal de Corinthe, percé à travers l'isthme du même nom, qui relie le Péléponnèse au reste de la Grèce. Des deux côtés une falaise creusée dans la montagne et d'une hauteur impressionnante. Sens unique obligé, les gros bateaux n'ayant que juste la largeur nécessaire, aucun fausse manoeuvre n'est permise. Ithea, ce tout petit port à quelques kilomètres non loin de Delphes par une route à travers champs d'oliviers et citronniers, est située sur le versant sud-ouest du Parnasse. Le plus difficile fut de trouver un moyen de transport, mais le sort fut favorable et l'unique taxi disponible se présenta... Une vraie chance ! Une guimbarde délabrée, sale et puante... Le chauffeur souriant, tout rond, dégoulinant de sueur, une odeur de tabac, de chèvre et le tout par une température absolument torride ! Deux solutions possibles, rester à bord du bateau ou faire abstraction de ces quelques désagréments. La seconde hypothèse eut la préférence et ce fut une journée particulière... Le chauffeur Aristidès, baptisé "Onassis" pour l'occasion (ce qui l'amusait beaucoup) savait tout de Delphes, choisissant les meilleurs points de vue, racontant par le menu dans un anglais approximatif toute l'histoire de Delphes, attirant l'attention sur des détails et servant de guide dans le superbe musée. Dans la foulée il proposa une visite dans un monastère non loin de là, dans la montagne. Un Pope nous fit visiter et admirer une des plus belles chaires jamais vue. D'une seule pièce, des petits personnages sculptés dans le bois d'un tronc d'olivier, racontant toute l'histoire de l'Ancien Testament. Une pure merveille que nous ne fûmes malheureusement pas autorisés à photographier. Dommage... mais le souvenir reste ineffaçable. Il proposa néanmoins au chef de famille de faire résonner l'énorme cloche du monastère. Elle retentit dans toute la vallée ! Nous eûmes le plaisir de goûter au délicieux miel récolté par les moines et partîmes avec une belle provision. Cette longue journée se terminant et la faim se faisant sentir il fallu se rendre à l'évidence, c'était un jour férié et exceptionnellement tous les commerces de Grèce étaient fermés ! C'était sans compter avec Aristidès qui, après de nombreuses tentatives négatives, trouva une taverne qui accepta d'ouvrir et préparer des brochettes d'agneau ; une véritable aubaine. Dans un décor de rêve, au son d'une musique grecque, au milieu d'un champs de citronniers... Petit à petit la musique aidant quelques villageois arrivèrent et se mirent à danser. C'est ainsi que Lucy et sa fille (le chef de famille ayant décliné l'invitation, la danse étant généralement réservée aux seuls messieurs) eurent le privilège de recevoir leur première leçon de sirtaki. C'est avec des brassées de branches de citronniers croulant sous les fruits qu'Aristidès ramena son monde à bord et laissa le souvenir d'une inoubliable journée. Quand on arrive devant la baie d'Ithaque il est impossible de ne pas s'imaginer Pénélope attendant Ulysse en tissant sa toile... La défaisant chaque soir pour ne pas faillir à sa promesse, celle d'épouser l'un de ses nombreux prétendants lorsqu'elle l'aurait terminée. Fidèle à son époux jusqu'au bout. Que l'Histoire est belle... ! Corfou, son port, très beau Musée (le fronton du temple d'Artémis, V. 600 av. J.-C.) et la promenade en calèche s'impose pour admirer une ville superbement fleurie. Après le calme, une mer démontée... et la prudence exige un mouillage au large d'une petit île, un rocher dans l'Adriatique, Fano. Quelques petites maisons qui abritent les pêcheurs, un petit ferry qui vient les ravitailler une fois par semaine et apporter le courrier. La seule et unique distraction de ses habitants. Trois jours d'attente avant de pouvoir lever l'ancre ! La tentation est grande d'aller jusqu'en Yougoslavie mais l'Albanie étant de réputation plutôt hostile au passage de ses eaux, c'est après courte réflexion qu'il fut décidé de mettre le cap sur Otrante, vers l'accueillante Italie.
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